.: ABC du Vin :.
Appellations et Crus classés
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Château d'Yquem

Catégorie de l'appellation
Classement Cru Classé du Sauternais
Date du classement 18/04/1855 1er Cru Supérieur de Sauternes
Carte
Caractéristiques géographiques
Pays France
Région Bordelais
Sous-région Sauternais
Commune(s)
  • Sauternes.

Sol Argile, graves
Superficie (ha) 103
Climat Océanique
Couleurs et cépages
Couleur(s) Blanc
Encépagement Sémillon, Sauvignon
Production (hl)
Dégustation
Type de vin
Température de service
Garde potentielle
Autres informations
Appellation(s) rattachée(s) Sauternes
Appellation(s) de repli(s)
Site internet Site de la propriété ou du propriétaire
Caractéristiques
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Présentation :
Ce domaine de 188 hectares est le plus grand de la région du Sauternais. Il est situé sur les coteaux de la rive droite de la rivière Cérons au voisinage de château Rieussec et château Suduiraut.
Le vignoble de 110 hectares (80 % Sémillon, 20 % Muscadelle), dont 103 hectares seulement en production, s'étend d'un seul tenant vers le nord sur trois croupes. Il est installé sur des graves affleurant sur un sous-sol d'argile. Le château et les chais sont installés sur la butte principale a une altitude de 75 mètres.
L'origine du nom du domaine est assez mystérieuse. Plusieurs hypothèses : "aig helm" (en allemand signifie porter un heaume). Au Maroc, il existe près de Rabat un oued du nom d' « Yquem » (colline heureuse en arabe). Pour faire simple, on ne sait pas...

Histoire :
Le château d'Yquem est construit en lieu et place d'une ancienne forteresse (quelques murs d'enceinte datent du 12ème siècle) qui appartenait parmi bien d'autres places fortes à Aliénor d'Aquitaine (1122-1204). Après le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri II Plantagenet en 1154, l'Aquitaine passe sous domination anglaise.
A la fin de la guerre de 100 ans, en 1453, après la défaite de Castillon, l'Aquitaine est rattaché au royaume de France de Charles VII. A cette époque, la vigne est déjà présente dans le Sauternais même si elle n'est qu'une activité agricole secondaire.
Dès le début du 14ème siècle, la famille Sauvage, famille de la grande bourgeoisie bordelaise, dont un des membres (Arnaud) fut maire de Bordeaux de 1359 à 1365, investi dans l'achat de terre et de vignes dans la région de Preignac.
A la fin du 14ème siècle, vers 1380, Pierre et Jean Sauvage ont été prévôts de Barsac.
Vers 1531, Bernard Sauvage, marchand et époux de Clémence de Jousset, s'installe à Beaurech en tant que seigneur de la maison noble de la Taste, de la Prade et de Sitran.
Bernard Sauvage aura deux enfants de Clémence de Jousset : Pierre et Jacques qui continueront d'investir dans la région de Barsac et de Sauternes.
Pierre de Sauvage (?-1572), bourgeois et marchand de Bordeaux, en 1560, fait l'acquisition de la maison noble du Sorbey (ou du Soley) à Barsac qui deviendra plus tard le château Nairac. Dès cette époque, il se retrouve seigneur d'Armajan et de la Motte et de la maison noble du Sorbey à Barsac.
En 1565, ces différents titres lui permettent d'âtre anobli en tant qu'écuyer.
Sans doute le 8 décembre 1593, le second fils de Bernard Sauvage, Jacques, rachète le domaine d'Yquem, à Messieurs Berthier et Mancecal, originaires de Toulouse. Le domaine est alors constitué d'une maison fortifiée au milieu de terres et de vignes.
Jacques Sauvage va faire construire le château que l'on connaît, commencer à rassembler les différentes parcelles autour du château pour constituer un domaine et acheter la charge de trésorier de France en Guyenne ce qui permettra d'anoblir la famille.
Un de ces fils reprendra la charge de trésorier, le second Raymond, officier d'infanterie, hérita du château d'Yquem.
Dès 1625, la veuve de Raymond Sauvage, Françoise de Saint-Cricq exige que les nouvelles plantations du domaine soit en cépages blancs.
La propriété passe ensuite entre les mains de François de Sauvage qui va faire planter des cépages blancs sur l'ensemble de la propriété.
Dès cette époque, les soutirages et l'ouillage des fûts avec du vin produit hors du domaine devient systématique.
Dès 1666, il est habituel que les vendanges débutent à la mi-octobre. Selon un acte du 4 octobre 1666, établi à l'occasion d'un litige entre François Sauvage, sieur Diquem, et certains de ses tenanciers. (coutume de Bommes et de Sauternes : "il n'est cousteume de vendanger en Bousme et Sauternes que vers le quinziesme d'octobre"). Le succès des vins blancs « doux » ou moelleux à destination du nord de l'Europe et des Pays-Bas n'étant certainement pas étranger à ces pratiques.
Le 16 juillet 1711, Léon de Sauvage (1657-?), fils de François, rachète les droits seigneuriaux du fief d'Yquem à la famille de Pontac (château Haut-Brion) pour la somme de trois mille livres.
Le propriétaire suivant est Laurent de Sauvage d'Yquem, époux de Catherine Claire de Saint-Cricq et seigneur de Podensac qui continuera de développer la propriété.
Son fils, Laurent de Sauvage d'Yquem (?-1785) héritera du domaine, à cette époque, la famille Sauvage est devenue une puissante famille possédant plusieurs domaines dans le Sauternais : Yquem, le moulin de Pernaud à Preignac et le domaine de Saint-Cricq à Cérons entre autre.
Le 6 juin 1785, Françoise-Joséphine de Sauvage d'Yquem (1768-1851) épouse Louis-Amédée de Lur-Saluces (1761-1788) et va ainsi faire entrer le domaine dans la famille Lur-Saluces, propriétaire également du château de Fargues depuis le 15ème siècle et du château de Malle depuis 1710.
Dès cette époque, le domaine possède sa propre tonnellerie, les vendanges se font déjà à une date tardive (les vendanges de 1779 ont lieu au 4 novembre) et par tries successives. Les fûts sont souffrés et les vins conservés au domaine (en 1785, des vins de 1753, 1772 et 1775 sont encore dans le chai) car la particularité des vins de Sauternes, contrairement à ceux du Médoc qui étaient essentiellement vendu en primeur, était la certitude de se vendre plus cher après une période de vieillissement.
La période de la Révolution française est pour le moins mouvementée pour la famille de Lur-Saluces. Joséphine, veuve 3 ans après son mariage (son mari est décédé après une chute de cheval), va continuer de diriger le domaine et sera emprisonnée deux fois vers 1793-1794 par le Tribunal de la Raison, mais réussira à empêcher la saisie des différents domaines de la famille comme bien national : Yquem, mais aussi les châteaux de Fargues, de Malle et d'autres propriétés de moindre importance. Elle devra payer la somme de 200000 livres de taxes durant la terreur pour conserver ses propriétés et sa liberté. Quelques temps plus tard, elle permettra à son fils de rallier le camp de Napoléon ce qui lui permettra de recouvrir la fortune familiale.
Le 12 septembre 1807, son fils Antoine (1786-1823) épouse Marie Françoise Joséphine Geneviève de Filhot (1790-1807) seule héritière du domaine de Filhot et du château Coutet racheté en 1788 par son père (guillotiné en 1794).
Joséphine de Lur-Saluces va continuer d'administrer le domaine après la mort de son fils par la fièvre jaune en Espagne en 1823 avec l'aide de Jean Garros (1747-1809), intendant du domaine.
En 1809, Jean-Léonard Garros (1783-1865) succède à son père au poste d’intendant du domaine.
En 1826, elle fait construire un chai de vieillissement et dès cette première moitié du 19ème siècle la production d'Yquem va tendre vers des vins liquoreux et non moelleux.
En 1831, son petit-fils Bertrand de Lur-Saluces (1810-1867) lui succède à la tête des différents domaines de la famille Lur-Saluces.
En 1855, le domaine est classé Premier cru supérieur.
En 1867, au décès de Bertrand de Lur-Saluces, le domaine possède une superficie de 148 hectares et un vignoble de 90 hectares.
Amédé de Lur-Saluces (1839-1894) prend la direction du domaine et va affronter le crise du phylloxéra. Le phylloxéra est apparu dans le Sauternais à compter de 1879. Le vignoble du domaine ne sera intégralement replanté qu'au début du 20ème siècle.
Entre 1883 et 1886, un réseau souterrain d'une centaine de kilomètres de drains en poterie va être installé dans tout le vignoble afin d'éviter un excès d'eau dans les vignes.
A son décès, celui-ci n'ayant pas d'enfant, le domaine va être repris par son frère cadet Eugène de Lur-Saluces (1852-1922) qui transformera le château en hôpital de campagne lors de la première guerre mondiale.
A la fin du conflit, Bertrand de Lur-Saluces (1888-1968) prend la direction du domaine. Il sera durant 40 ans président du syndicat viticole de la région de Sauternes et Barsac, participera activement à l'élaboration de l'AOC Sauternes.
A compter de 1922, la mise en bouteille s'effectue intégralement au domaine.
A la fin de la seconde guerre mondiale, le domaine possède une superficie de 148 hectares pour un vignoble de 90 hectares.
Après la deuxième guerre mondiale, dans l’intention de moderniser la présentation de la bouteille de son cru, Bertrand de Lur-Saluces, décide de changer la couleur de la mention Sauternes de l’étiquette et de la capsule d'étain enveloppant le goulot de la bouteille de dorée cerclée de jaune en dorée cerclée d'un vert amande. Cette « innovation » n'a duré qu'un seul millésime car le vert sur une bouteille sert à signaler les produits toxiques aux États-Unis. Alors, dès le millésime 1950, retour à la couleur dorée cerclée de jaune.
En 1955, Roger Bureau devient le maître de chai en remplacement de Louis Henriot.
En 1966, il désigne Alexandre de Lur-Saluces (1934-.), son neveu, pour lui succéder à la tête de la propriété.
Pierre Meslier, propriétaire du château Raymond-Lafon, est alors le régisseur du domaine et Guy Latrille, le maître de chai.
En 1983, Francis Mayeur devient le directeur technique du domaine.
En 1987, Bernard Mazières, architecte bordelais, réalise un chai enterré de 1800 mètres carrés.
En 1992, Antoine Depierre devient le maître de culture du domaine.
Le 28 novembre 1996, une filiale du groupe de luxe LVMH-Moët Hennessy Louis Vuitton rachète 38 % du capital de la société civile du château d'Yquem auprès d'une partie de la famille, puis en 1999, LVMH-Moët Hennessy Louis Vuitton récupère 26 % supplémentaires après une épique bataille juridique (une quarantaine de procédures différentes). L'investissement total est de l'ordre de 152 millions d'euros.
En 1996, Sandrine Garbay intègre le domaine pour en devenir le maître de chai.
Alexandre de Lur-Saluces, toujours copropriétaire du domaine, reste à la tête du domaine jusqu'en mai 2004 lorsqu'il se retire au château de Fargues. Pierre Lurton, PDG de château Cheval blanc (autre propriété du groupe LVMH-Moët Hennessy Louis Vuitton) est alors nommé PDG du domaine. Le responsable technique est Francis Mayeur.
Le nom de Lur-Saluces disparaît de l'étiquette du domaine avec le millésime 2001 et est remplacé par la mention Sauternes.
Avec le millésime 2011, la mention Sauternes est retirée de l'étiquette du domaine pour être reportée sur la contre-étiquette.
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Les vins :
.: ABC du Vin :. Blanc liquoreux :
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Pas de second vin.
Densité moyenne de plantation : 6500 à 7000 pieds à l'hectare.
Age moyen des vignes : 30 ans. Arrachage et replantation chaque année de 3 hectares.
Rendement moyen : 10 hl/ha (moyenne sur 20 ans).
Vendanges par tries successives, en moyenne 6, étalées sur 6 semaines. (1964 : 13 tries pour finalement déclassé le vin !, 1970 : vendanges du 24/09 au 24/11).
Élevage en fût de chêne neuf à 100 %.
Liste des millésimes du grand vin non produits : 1910, 1915, 1930, 1951, 1952, 1964, 1972, 1974, 1992 et 2012.
Température de service : 09-12 °C (48-54 °F).

.: ABC du Vin :. Blanc :
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Création avec le millésime 1959.
Vin blanc sec issu de 80 % Sémillon et 20 % de Muscadelle produit dans l'appellation Bordeaux : Y.
Jusqu'au millésime 2004, le vin portait le nom de Y de Lur-Saluces.
A compter du millésime 2004, Y est produit chaque année.
Millésimes de production du Y jusqu’en 2004 : 1959, 1960, 1962, 1964, 1965, 1966, 1968, 1969, 1971, 1972, 1973, 1977, 1978, 1979, 1980, 1985, 1988, 1994, 1996, 2000, 2004.
Dernière modification: 9 Août 2017
Éditeurs: Sylvain Torchet
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