.: ABC du Vin :.
Appellations et Crus classés
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Château Beychevelle

Catégorie de l'appellation
Classement Cru Classé du Médoc
Date du classement 18/04/1855 4ème Grand cru Classé du Médoc
Carte Saint-Julien
Caractéristiques géographiques
Pays France
Région Bordelais
Sous-région Médoc
Commune(s)
  • Saint-Julien.

Sol Graves
Superficie (ha) 90
Climat Océanique
Couleurs et cépages
Couleur(s) Rouge
Encépagement Cabernet-sauvignon, Merlot, Cabernet franc, Petit verdot
Production (hl)
Dégustation
Type de vin
Température de service
Garde potentielle
Autres informations
Appellation(s) rattachée(s) Saint-Julien
Appellation(s) de repli(s)
Site internet Site de la propriété ou du propriétaire
Caractéristiques
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Présentation :
Propriété de 250 hectares située au sud de la commune de Saint-Julien-Beychevelle à la limite avec Cussac-Fort-Médoc, faisant face au château Branaire-Ducru, le long de la départementale 2.
Le vignoble de 90 hectares (62 % Cabernet-sauvignon, 31 % Merlot, 5 % Cabernet franc, 2 % Petit verdot) est installé sur un sol de graves en pente douce.
Autrefois, château Beychevelle disposait de son propre port sur la Gironde lui permettant d'expédier directement ses vins.
La légende veut que ce soit le duc d'Epernon qui ait renommé le domaine Beychevelle.
La légende, tout aussi apocryphe, indique également que le nom de Beychevelle vient du gascon Becha Vela (baisser les voiles) car tous les bateaux passant devant le chateau du duc d'Epernon devaient baisser la voile en hommage à celui-ci. Par contre, ce qui est certain c'est que tout bateau approchant du port de Bordeaux diminuait la voilure avant d'arriver...

Histoire :
Beychevelle appartenait à la seigneurie de Lamarque et était constitué d'un château-fort construit parmi plusieurs autres pour protéger l'estuaire de la Gironde.
La première personne connue comme propriétaire de ce lieu est Assahilde de Bordeaux (?-1328), sœur de Pierre de Bordeaux et Captale de Buch (désigne les seigneurs du sud du Pays de Buch qui regroupe de nos jours Arcachon, Gujan-Mestras et La Teste-de-Buch) qui apporta ce domaine à son mariage avec Pierre II de Grailly (1285-1356) en 1307.
La propriété passa ensuite entre les mains de Jean de Grailly (1330-1376). Après son décès en 1376, c'est Archambaud de Grailly (1329-1412), son oncle, Captal de Buch et sénéchal de la Gascogne pour le compte du roi d’Angleterre à compter du 2 mars 1377 qui hérite du domaine.
Après la mort d'Archambaud de Grailly, c'est son deuxième fils Gaston de Foix-Grailly (?-1455) qui hérite du titre de Captal de Buch et de ces terres. A cette époque, le vin est déjà exporté vers l'Angleterre, les Flandres et les pays germaniques.
En 1446, Gaston de Foix-Grailly cède les terres de Beychevelle à Jean de Foix Grailly (?-1485), comte de Candale, propriétaire à la même époque de château d'Issan.
Beychevelle porte alors le nom de château du Médoc.
Le domaine se transmet dans la famille de Foix-Candale durant un siècle.
En 1565, François de Foix-Candale (1512-1594), évêque d'Aire-sur-l'Adour de 1570 à 1594 et Captal de Buch de 1572 à 1587, fait construire le château dit château du Médoc.
En 1587, Marguerite de Foix-Candale (?-1593), dernière héritière de la famille, épouse Jean Louis de Nogaret de La Valette (1554-1642), plus connu sous le nom de duc d'Epernon et lui apporte, entre autre, la seigneurie de Beychevelle.
En 1591, le Maréchal Jacques de Goyon-Matignon (1525-1597), comte de Thorigny, va acquérir la seigneurie de Lamarque et par extension le château du Médoc moyennant 62000 écus-sols et 150000 écus de rentes constituées. Après son décès, le 26 Juillet 1597, le duc d'Epernon va acheter à Charles de Goyon-Matignon (1564-1648),comte de Thorigny, la seigneurie de Lamarque pour la somme de 210000 livres.
La légende veut que ce soit le duc d'Epernon qui ait renommé le domaine Beychevelle.
Le duc d'Epernon sera l'un des principaux instigateurs de l'assèchement des marais du Médoc en passant des accords en 1628 et 1633 avec des ingénieurs flamands.
Après le décès en 1642 du duc d'Epernon, son fils Bernard de Nogaret de La Valette d'Épernon (1592-1661) lui succède et fait reconstruire le château.
A son décès, le domaine de Beychevelle est rattaché à la couronne (puisqu'il n'a pas de descendant mâle, sa fille unique est carmélite) et démembré pour permettre le paiement des dettes considérables de celui-ci. Ainsi, naîtront château Branaire-Ducru et le château Saint-Pierre issus de la partie ouest du domaine, le château Ducru-Beaucaillou issu de la partie nord.
En 1674, le domaine de Beychevelle est de nouveau repris par la famille de Foix-Candale, cette fois, Henri, duc de Randan (1640-1714), baron de Beychevelle et seul héritier du duc d'Epernon. Celui-ci fait rénover le château dans le style Louis XV mais ne s'occupe guère de la propriété.
En 1692, celui-ci cède à Jean-Pierre Dabadie (?-1717), premier président de la seconde chambre des enquêtes au parlement de Bordeaux depuis juillet 1680, la seigneurie de Beychevelle. Il va replanter la vigne notamment après les grandes gelées de 1709 qui ont détruit son vignoble. A partir de ce moment, la production de vin va prendre un certain essor.
En 1717, le neveu du président d'Abadie : Étienne-François de Brassier (1685-1740), conseiller au Parlement de Bordeaux, va prendre la direction du domaine et faire construire le port qui servira à évacuer la production du domaine. Il achètera également d'autres domaines dont le Château de Lamarque et le Château Poujeaux. A cette époque, la superficie du vignoble atteint déjà 32 hectares ce qui est considérable pour l'époque.
Après son décès en 1740, son fils François-Armand de Brassier (1704-1761) hérite du domaine.
En 1757, il fera construire après un incendie le château que l'on connaît maintenant dans le style Louis XV avec ses jardins. Celui-ci se compose d'un corps de logis encadré par deux pavillons et prolongé par deux ailes en équerre. François-Armand de Brassier rachètera également des vignes vendues à la mort du duc d'Epernon, il s'intéressera au développement de son vignoble qu'il portera à une superficie de 40 hectares et à la vinification avec la construction de chais.
Après son décès, son frère Étienne-François (1725-1787) va reprendre la seigneurie de Beychevelle.
En 1776, le courtier Labadie dans sa nomenclature des domaines de la Guyenne à l'attention de Dupré de Saint-Maur, intendant général, classe les vins de château Beychevelle (Brassier & Budos) au troisième rang de la commune avec un prix de vente de 500 livres le tonneau, le premier cru étant le domaine de Léoville avec un prix de vente de 1000 livres le tonneau.
Après le décès d'Étienne-François de Brassier en 1787, c'est sa sœur Delphine (1722-1795) qui hérite du domaine. Celle-ci est veuve de Michel-Joseph de La Roque (1715-1770), baron de Budos. Elle est alors propriétaire du château de Lamarque et du château Poujaux. Dans son testament du 14 avril 1787, elle lègue à son fils François Armand de La Roque-Budos, chevalier de Saint-Louis (?-1825) Beychevelle et son hôtel de Bordeaux.
Lors de la Révolution française, ces deux fils ayant émigré, elle se retrouve seule pour diriger le domaine. Elle va traverser la Révolution française sans trop de problème malgré sa fortune considérable (elle est propriétaire de quatre seigneuries : Beychevelle, Lamarque, Landiras et Poujaux).
A son décès en 1795, sa fille Marguerite de La Roque-Budos (1752-?) épouse de Jean-Baptiste Calixte de Montmorin Saint-Héreme (1727-1781) va tenter de conserver et de racheter les biens de sa famille, l'état ayant mis sous séquestre comme Bien national les sept neuvièmes de sa mère. A cette époque, la superficie du domaine est de 86 hectares en vigne et en prés (hors bois).
En 1800, Marguerite de La Roque-Budos vend à Jacques Conte (1753-1836), armateur bordelais ayant fait fortune sous le Directoire dans la « course », le domaine de Beychevelle pour la somme de 262400 francs. Marguerite va conserver le domaine de Poujeaux où elle se retire définitivement.
Le 25 août 1825, Jacques Conte revend le domaine pour la somme de 650000 francs à Pierre-françois Guestier (1793-1874), son petit neveu, négociant en vin (Barton & Guestier), adjoint au maire de Bordeaux en 1832, maire de Saint-Julien et député de 1834 à 1842, propriétaire également de château Batailley. La superficie du domaine est alors de 250 hectares. Celui-ci va y créer un haras qui sera rapidement renommé.
A partir de 1852, Pierre-François Guestier et son régisseur monsieur Martin tentent de lutter contre l'oïdium avec le soufrage par fumigation.
Le 18 avril 1855, le domaine est classé au rang de quatrième cru du Médoc.
Les différentes épidémies atteignant le vignoble bordelais (mildiou, oïdium) vont contraindre Pierre-françois Guestier à vendre le château Batailley en 1864.
En 1874, après le décès de Pierre-François Guestier et afin de régler les frais de succession, ses six héritiers vont vendre pour la somme de 1600000 francs le château Beychevelle à Monsieur Armand Heine (1818-1883), banquier parisien. Celui-ci va engager des travaux en ajoutant une aile au château et en rénovant les chais, ces travaux seront effectués par Henri Duphot (1810-1889), architecte bordelais renommé (château Latour et Château Pichon-Longueville Comtesse de Lalande) pour une somme avoisinant les 2 millions de francs. Il créera notamment une volière pour sa femme et une crèche pour garder les enfants des familles de la propriété qui fonctionnera jusqu'aux années 1930.
Le 22 janvier 1890, Marie-Louise Heine (1865-1940), fille unique d'Armand Heine épouse Achille Fould (1861-1926), conseiller général et député des Hautes-Pyrénées. Elle apporte le domaine en dot par la même occasion.
Achille Fould va s'intéresser à son vignoble et refuser de remplacer les ceps par des vignes greffées avec des porte-greffes américains. Il fera traiter le vignoble au sulfure de carbone jusqu'au début des années 1920, seul moyen à l'époque de lutter contre le phylloxéra.
En avril 1907, tout comme de nombreux grands crus classés du Médoc, le château Beychevelle vend sa production par abonnement pour une durée de 5 ans (1907-1911) aux maisons de négoce bordelaise : J. Calvet & Cie et à Barton & Guestier.
Après le décès d'Achille Fould en 1926, c'est son fils Gaston Marie Achille Armand Fould (1890-1969), il obtient par décret du 25 juin 1948 et jugement du Tribunal civil d'Alençon du 10 août 1949 de s'appeler Armand Achille-Fould en l'honneur de son arrière-grand-père, qui lui succède. Celui-ci va affronter la crise économique des années 1930, la seconde guerre mondiale et la crise viticole des années suivants l'après-guerre.
En 1928, le régisseur du domaine, Pierre Brugière, ingénieur agronome, quitte le domaine pour devenir régisseur-adjoint du château Latour avant d'en prendre la direction en 1932.
De 1955 à 1976, le professeur Émile Peynaud interviendra comme œnologue conseil.
En 1970, après le décès de son père, c'est Aymar Achille-Fould (1925-1986) qui reprend la direction du domaine. La propriété se répartissant en indivision entre les enfants d'Armand : Marie-Geneviève et Étienne.
En 1983, année ou la société d'assurances GMF prend une participation minoritaire de 43 % dans le domaine, suite à un problème d'indivision entre tous les héritiers.
En 1986, après la mort d'Aymar Achille-Fould, la GMF rachètera 89 % du capital, les 11 % restants appartenant à la Caisse de Retraite de la Société Générale.
En novembre 1988, la GMF crée la société Grands Millésime de France, dirigée par Aymar de Baillenx, et détient la totalité du capital. L'investissement de cette société pour obtenir la totalité du capital du château Beychevelle s’élève à 180 millions de francs.
En 1989, le groupe japonais Suntory prend une participation de 40 %, pour la somme de 250 millions de francs dans la société Grands Millésimes de France propriétaire du domaine. Dans le même temps des parcelles de vignes situées à proximité du château Léoville-Poyferré sont rachetées.
En février 2011, la GMF vend sa participation dans le château Beychevelle, un nouvel actionnaire fait son entrée : le groupe Castel qui se partage le capital avec le groupe Suntory : 50/50.
Le président du domaine est Aymar de Baillenx. Le directeur du domaine : Philippe Blanc, le directeur technique : Romain Ducolomb, le maître de chai : Olivier Richaud, le chef de culture : David Lafosse.
L’œnologue conseil du domaine est Éric Boissenot.
Le vignoble est en cours de conversion en agriculture biologique (1/3 en 2013).
En 2016, un nouveau chai fonctionnant par gravité, conçu par l’architecte Arnaud Boulain, d’une surface de 1600 m² sur trois niveaux est utilisé avec un cuvier vitré de 40 mètres sur 40 mètres, doté de 55 cuves en inox de 73 à 160 hL pour permettre une vinification parcellaire, disposé sur un nouveau chai d’élevage d’une capacité de 1300 tonneaux bordelais. Coût de l’investissement : 17,5 millions d’euros.

Les vins :
Le second vin du domaine porte le nom de : Amiral de Beychevelle.
Existe depuis le millésime 1974.
Un autre vin est produit dans l'appellation Haut-Médoc (parcelles hors appellation Saint-Julien situées à Cussac) : Les Brulières de Beychevelle.
Densité moyenne de plantation : 10000 pieds à l'hectare.
Rendement : inférieur à 50 hl/ha.
Élevage en fût de chêne durant 18 mois (50 % fût neuf).
Dernière modification: 22 Mai 2017
Éditeurs: Sylvain Torchet
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