.: ABC du Vin :.
Appellations et Crus classés
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Château Lagrange

Catégorie de l'appellation
Classement Cru Classé du Médoc
Date du classement 18/04/1855 3ème Grand cru Classé du Médoc
Carte Saint-Julien
Caractéristiques géographiques
Pays France
Région Bordelais
Sous-région Médoc
Commune(s)
  • Saint-Julien.

Sol Calcaire, graves
Superficie (ha) 113
Climat Océanique
Couleurs et cépages
Couleur(s) Rouge
Encépagement Cabernet-sauvignon, Merlot, Petit verdot
Production (hl)
Dégustation
Type de vin
Température de service
Garde potentielle
Autres informations
Appellation(s) rattachée(s) Saint-Julien
Appellation(s) de repli(s)
Site internet Site de la propriété ou du propriétaire
Caractéristiques
.: ABC du Vin :.

Présentation :
Domaine de 157 hectares situé au sud-ouest de la commune de Saint-Julien à peu près à mi-chemin entre le hameau de Beychevelle et Saint-Laurent-Médoc. Le château est installé sur le point culminant (24 mètres d'altitude) de la commune.
Le vignoble jouxtant celui du château Gruaud-Larose est d’un seul tenant avec une superficie de 120 hectares divisée en 102 parcelles s'étageant de 7 à 23 mètres d'altitude.
L'encépagement est essentiellement en cépages rouges (111 hectares, 65% Cabernet-sauvignon, 28% Merlot, 7% Petit verdot) répartis en 105 parcelles, mais, contient également des cépages blancs (9 hectares, 60 % Sauvignon, 30 % Sémillon, 10 % Muscadelle).
Les vignes sont disposées sur deux croupes de graves sur socle calcaire (avec du sable ou de l'argile) et une orientation nord-sud.

Histoire :
Le domaine du château Lagrange est disposé sur des terrains ayant appartenu à la Commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de Bordeaux (ordre de Malte) et plus exactement à l'hôpital de Pellecahus situé près de Saint-Julien.
Au 16ème siècle, les terres sont baillées à ferme à Jacques de Cours (1560-?), écuyer et seigneur de Paulhiac depuis 1573, époux depuis le 25 octobre 1579 de Jeanne de Reissac de Cadrès.
Durant un siècle, les terres seront gérées par la famille De Cours.
En 1712, la propriété appartient au baron Charles de Brane. C'est sans doute à cette époque que le vignoble est établi et porte le nom de Brane-Saint-Julien.
Le 13 juillet 1721, Jacques Arbouet (?-?), bourgeois épouse Marie (?-?), fille de messire Charles de Brane, écuyer. C'est probablement ainsi que le domaine de Brane-Saint-Julien devient le domaine Brane-Arbouet.
En 1776, la propriété porte le nom de Brane-Arbouet du nom de son propriétaire de l'époque monsieur Arbouet de la Bernède qui a sans doute fait construire l'essentiel du château connu aujourd'hui.
Labadie dans son classement à l'attention de Dupré de Saint-Maur, intendant de la généralité de Guyenne classe le vin de Brane Arbouet troisième à égalité avec Gruau (Gruaud-Larose) avec un prix de vente de 600 livres par tonneau (pour 1000 livres le tonneau de Léoville, classé premier de la commune).
En 1796, Jean Valère Cabarrus (1758-1829), armateur et président de la Chambre de Commerce de Bordeaux de 1812 à 1815, rachète le domaine de Brane-Saint-Julien à la famille de Brane.
Il est alors déjà propriétaire du domaine de Couffran et Pontoise (Château Coufran et Château Pontoise-Cabarrus de nos jours) racheté le 4 janvier 1795 à Joseph Hector de Brane (propriétaire de Brane-Mouton à l'époque, plus connu maintenant comme Mouton-Rothschild). Celui-ci va fortement investir dans le vignoble et racheter de nombreuses parcelles autour de la propriété.
Le vin est vendu à l'époque sous l'étiquette Baron Saint-Julien.
En 1820, il fait ajouter par l'architecte parisien, d'origine italienne, Louis Tullius Joachim Visconti (1791-1853) la tour Toscane au château construit sans doute au 18ème siècle. La même année, son fils épouse Elizabeth Brown, fille de John Lewis Brown que l'on retrouvera comme propriétaire du domaine quelques années plus tard.
En 1824, la production atteint 120 tonneaux, ce qui est considérable pour l'époque.
En 1832, sans doute en raison des difficultés financières de la société d'armement de Cabarrus, la propriété est cédée à Monsieur John Lewis Brown (1769-1851), armateur, propriétaire de Château Brown et de Château Cantenac-Brown, pour la somme de 650000 francs. Celui-ci va continuer à investir dans le domaine en s'intéressant aux chais mais aussi en agrandissant le domaine et en portant la superficie de celui-ci à 280 hectares.
En 1842, Charles-Marie Tanneguy, (1803-1867) comte Duchâtel et plusieurs fois ministre sous Louis-Philippe I, rachète, à John Lewis Brown, le château Lagrange pour la somme de 775000 francs.
Sous son ère, le domaine va franchir un cap avec à sa tête comme régisseur Bernard Théodore Galos (1809-?), négociant bordelais, qui deviendra le régisseur du château Mouton-Rothschild à compter de 1851.
En 1852, Théodore Galos fait poser des drains souterrains en poterie pour la première fois dans un vignoble du Médoc pour permettre l'asséchement des sols du vignoble.
En 1853, le château Lagrange et le château Giscours sont les deux premiers domaines à tenter le soufrage à grande échelle du vignoble pour lutter contre l'oïdium.
En 1855, le château Lagrange est classé parmi les troisièmes cru du Médoc.
Théodore Galos équipera les chais des dernières technologies de l'époque. A cette époque, le vignoble du domaine atteint une superficie de 120 hectares et le domaine 297 hectares. La production moyenne est de 250 tonneaux par an (2250 hectolitres, équivalent à la production actuelle), en 1866, année exceptionnelle, les 300 tonneaux seront atteints. C'est l'apogée du domaine.
En 1867, Charles Tanneguy décède et sa veuve, Églé Rosalie Paulée (1817-1878), comtesse Duchatel, reprend la direction de la propriété.
En 1875, Monsieur A. de Muicy-Louys et Mademoiselle C. de Muicy-Louys rachètent la propriété de près de 300 hectares. Mauvaise affaire pour eux puisque à partir de 1876, le phylloxéra et le mildiou vont se succéder.
Ils vont tenter de conjurer ce mauvais sort grâce à l'importante superficie du vignoble en lançant des « marques » de vin en plus du grand vin :
Cabarrus, Le manoir de Saint-Julien, Château Saint-Julien, Château La Tour du Roi, Clos des Chartrons, 3 feuilles de trèfles.
Il sera également produit un vin blanc sous le nom de Sirène de Lagrange et de Grand Saint Julien blanc de Lagrange.
La production totale du domaine sera d'environ 450 tonneaux en 1900 dont 200 tonneaux pour le grand vin. Lagrange parvient à résister grâce à sa grande superficie.
En 1918, la société Immobilière des Grands Crus de France (appartenant à quatre négociants et dirigée par Ginestet), propriétaire à cette époque des châteaux Brane-Cantenac et d’Issan, rachète le domaine pour la somme de 12000000 francs.
En 1925, Manuel Cendoya, viticulteur et José Telleria, industriel du Pays basque espagnol, reprennent la propriété. Les conditions économiques et viticoles sont tellement désastreuses que ceux-ci ont du au cours des années vendre des parcelles de terrains pour payer leurs dettes.
Dans les années 1960, ils vendent des parcelles à Gabriel Meffre, propriétaire du château du Glana qui constitue ainsi une bonne partie de son vignoble.
En 1970, notamment, ils cèdent 32 hectares à Jean-Eugène Borie de Château Ducru-Beaucaillou et 18 hectares à Henri Martin (Château Gloria).
En décembre 1983, la propriété ne possèdent plus qu'une superficie de 157 hectares pour un vignoble de 56 hectares. La société japonaise Suntory rachète le domaine pour la somme de 54 millions de francs et nomme à la tête du domaine Marcel Ducasse, œnologue de formation. Émile Peynaud devenant l’œnologue conseil du domaine. Un programme de replantation de 30 hectares de vignes est lancé.
Elle en est toujours le propriétaire.
Dès 1986, la totalité du château et des des chais sont rénovés avec l'installation de 63 cuves inox thermorégulées d'une capacité de 66 à 220 hectolitres permettant une sélection parcellaire.
En 1993, la superficie du vignoble est portée de 56 à 113 hectares avec une modification de l'encépagement (65 % Cabernet-sauvignon, 27 % Merlot, 8 % Petit verdot). On peut estimer le montant des investissements du groupe Suntory à 100 millions de francs. Depuis les chais sont équipés de 94 cuves de vinification.
En avril 2007, Bruno Eynard, ingénieur agronome est nommé responsable du domaine à la place de Marcel Ducasse parti en retraite.
Les œnologues conseils du domaine sont Éric et Jacques Boissenot.
En 2009, le château Lagrange rachète 9 hectares sur la commune de Cussac-Fort-Médoc pour planter un vignoble blanc. Le vignoble blanc existant, 4 hectares, est arraché et replanté en cépage rouge, ce qui permet d'augmenter la superficie du vignoble en appellation Saint-Julien.
En 2012, le château Larose Trintaudon vend au château Lagrange 20 hectares de vignoble en appellation Haut-Médoc. Le but de cet achat est de créer une nouvelle marque pour le domaine : Le Haut-Médoc de Lagrange. Création avec le millésime 2012, commercialisation à compter de 2014.
A compter de 2013, le directeur général du domaine est Mathieu Bordes.
Le directeur technique est Benjamin Vimal, le maître de chai : Stéphane Leboucher, l'oenologue conseil : Éric Boissenot.

Les vins :

Densité moyenne de plantation : 8500 pieds à l'hectare.
Vendanges manuelles.

.: ABC du Vin :.Rouge :

Le second vin du domaine porte le nom de : Fiefs de Lagrange.
Création avec le millésime 1983.

.: ABC du Vin :.Rouge :

Autre vin : Le Haut-Médoc de Lagrange.
Création en 2014 de cette marque en appellation Haut-Médoc.
Premier millésime commercialisé : 2012.

.: ABC du Vin :.Rouge :

Premier millésime commercialisé : 2012.
Création en 2014 de cette marque en appellation Haut-Médoc.

.: ABC du Vin :.Blanc :

Les Arums de Lagrange.
Création avec le millésime 1996.
Vin blanc (60 % Sauvignon, 20 % Sauvignon gris, 20 % Sémillon) produit en appellation Bordeaux supérieur.
Dernière modification: 5 Février 2017
Éditeurs: Sylvain Torchet
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